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AÉROPORT INTERNATIONAL OUAGADOUGOUDONSIN :«Que chacun des acteurs continue à accompagner franchement le projet … » dixit le nouveau Directeur général, Tamoussi BONZI

POUR LE DG MOAD, TAMOUSSI BONZI, CHAQUE ACTEUR DOIT FRANCHEMENT ACCOMPAGNER LE PROJET DE CONSTRUCTION DE L’AÉROPORT DE DONSIN
Le Colonelmajor Tamoussi BONZI est désormais le nouveau Directeur général de la Maitrise d’Ouvrage de l’aéroport de Donsin (MOAD) à la suite du Conseil des ministres en sa séance ordinaire du 06 avril 2022. Celui qui prend les rênes de la MOAD, est un officier supérieur du Génie Militaire. M. BONZI a obtenu un diplôme d’ingénieur de conception en génie mécanique à l’Ecole Polytechnique de Thiès en 1986. En outre, au cours de ses 36 ans de carrière, il a bénéficié de formations complémentaires et d’expériences professionnelles. Ces atouts indéniables lui donnent la possibilité d’apporter aujourd’hui sa contribution à la réalisation du projet de construction de l’aéroport de Donsin.

Quel est l’état des lieux du processus de construction de l’aéroport international OuagadougouDonsin, en termes d’évolution physique et du taux de réalisation globale ?

Le projet de construction de l’aéroport de Donsin comporte trois composantes majeures :

  • un plan de gestion environnemental et social (PGES) qui consiste à déplacer, réinstaller et indemniser les populations affectées par le projet ;
  • l’aménagement, la construction et l’équipement de la plateforme aéroportuaire ;
  • la réalisation des voies d’accès à l’aéroport.

En termes d’évolution physique, les taux de réalisation sont les suivants :

  • déplacement, réinstallation et indemnisations des populations (PGES) : 98%
  • voies d’accès : 33% :
  • bretelles reliant l’aéroport aux routes RN3 et RN22 longues de 24 km en 1 x 2 voies : 100% ;
  • voie d’accès principale longue de 25 km en 2 x 2 voies : 0% ;
  • plateforme aéroportuaire
  • les ouvrages en cours réalisés en maîtrise d’ouvrage publique : 50% ;
  • les ouvrages à réaliser par le partenaire AERIO dans le cadre de la convention de concession : 0%.

Le taux global de réalisation physique du projet de construction de l’aéroport de Donsin peut être estimé en début août 2022 à environ 40%.

La remise en cause de la signature de la convention de concession de l’aéroport international OuagadougouDonsin est l’actualité dominante. Quels sont les enjeux et les défis à relever à ce stade ?

Permettezmoi d’abord de situer le contexte. Après un long processus d’identification, de sélection d’un partenaire et de négociations, qui a débuté en 2012, une convention de concession d’une durée de trente (30) ans a été conclue le 12 Octobre 2021, entre le Gouvernement et la Société d’économie mixte de droit burkinabè AERIO. Selon cette convention, AERIO doit contribuer à la construction de l’aéroport à hauteur de cent quarantequatre milliards (144 000 000 000) F CFA sur les trois (3) premières années avant d’exploiter ledit aéroport sur les vingtsept (27) ans restants. 

Une disposition de la convention prévoit qu’au plus tard un mois après sa signature, la date de démarrage de sa mise en œuvre soit consacrée par un décret pris en Conseil des Ministres. Ce décret qui devrait intervenir au plus tard le 12 novembre 2021, n’est toujours pas pris.

A l’heure actuelle, un processus de relecture de la convention est en cours en vue de s’assurer qu’elle est suffisamment équilibrée entre les intérêts des deux parties (l’Etat burkinabè et le partenaire AERIO). Ce processus de relecture implique plusieurs acteurs des ministères en charge du transport et des finances et du partenaire AERIO. Il n’a pas pour objectif à priori de remettre en cause la convention. A mon avis, il convient d’attendre la fin du processus et les conclusions consensuelles qui en découleront pour savoir si la convention est remise en cause ou pas.

Après avoir situé le contexte, je dirais que les enjeux et les défis à relever sont liés aux objectifs visés à travers la signature de la convention, à savoir :

  • mobiliser les fonds nécessaires à l’achèvement des travaux de construction et d’équipement de l’aéroport ;
  • assurer la mise en service de l’aéroport dans les meilleurs délais ;
  • assurer une exploitation efficace et efficiente de l’aéroport à travers une privatisation autorisée par une loi.

Si le processus que vous évoquez aboutit à une remise en cause de la convention, quel impact cela va avoir sur l’évolution du projet ?

S’il y a une remise en cause qui signifierait renonciation à la convention, cela aura forcément un impact sur plusieurs aspects du projet tels que le coût, le délai de réalisation et les relations avec certains partenaires dont l’accompagnement avait été conditionné par la signature et la mise en œuvre diligente de ladite convention. Mais nous n’en sommes pas encore là, et moi j’espère que les parties trouveront un terrain d’entente à l’issue du processus de relecture.

Un plan B atil été envisagé au cas où il y aurait une remise en cause de la convention ?

Pour le moment nous n’avons pas connaissance de l’existence d’un plan B. La position hiérarchique de la MOAD fait qu’il ne lui revient pas de prendre l’initiative de concevoir un plan B dans ce cas précis. Néanmoins, nous avons attiré l’attention des autorités compétentes sur le fait qu’il faut nécessairement avoir ne seraitce que l’esquisse d’un plan B crédible et réellement plus avantageux, avant d’envisager une remise en cause de la convention signée avec AERIO.

Quels messages avez vous à l’endroit des acteurs et des partenaires de la MOAD ?

Les acteurs et partenaires de la MOAD sont multiples. Ce sont principalement : les populations affectées par le projet ;  plusieurs composantes de l’administration publique ;

  • plusieurs partenaires techniques et financiers ;
  • plusieurs entreprises et autres prestataires de services ; etc.

Je voudrais avant tout les remercier tous, pour leurs contributions à la réalisation du projet. Mon souhait est que chacun de ces acteurs continue à accompagner franchement le projet de construction de l’aéroport Ouagadougou Donsin afin que nous puissions offrir au peuple burkinabè cet aéroport tant attendu, en 2025. Cet objectif est techniquement réalisable si nous en avons la volonté et si tout le monde joue franchement sa partition.

Votre mot de fin ?

Je voudrais rendre hommage à tous ceux qui ont œuvré et qui œuvrent depuis le démarrage du projet pour que cet aéroport puisse voir le jour. J’encourage l’équipe de la MOAD et tous ceux qui nous accompagnent dans la mise en œuvre du projet à redoubler d’effort afin que nous puissions achever dans les meilleures conditions l’œuvre entamée par nos devanciers.
Je voudrais enfin remercier l’équipe de ANAC NEWS, pour l’intérêt que vous portez au projet et surtout souhaiter longue vie à votre revue qui donne de la visibilité au secteur de l’aviation civile du Burkina Faso.

Pour conclure, je réaffirme qu’au stade actuel, il est techniquement possible de mettre en service l’aéroport de Donsin avant la fin de l’année 2025. Mon souhait est que toutes les parties prenantes s’engagent résolument et concrètement afin que cet objectif raisonnable soit réalisé. L’équipe de la MOAD est mobilisée et engagée pour ce faire, mais elle a besoin d’un accompagnement sincère des autres parties prenantes.

Interview réalisée par Nouhou BERTE

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